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N°167 (oct 2019)
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Chine .La montée de l’influence internationale de la Chine, une manifestation de ses contradictions économiques et sociales internes ?

Clément SÉHIER

Cette contribution vise à mettre en lumière les rationalités économiques derrière la dynamique des investissements chinois à l’étranger : à côté des objectifs géopolitiques, ces investissements sont également une tentative de réponse à la montée des contradictions internes du capitalisme chinois sur le plan social, politique et environnemental. Les autorités chinoises peinent en effet à enclencher la transition vers un régime socio-économique durable. L’affirmation de la puissance chinoise à l’international peut donc être interprétée comme une tentative de reporter sur les populations d’autres pays les excès de son propre mode de développement.

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Le lancement en 2013 des « Nouvelles routes de la soie » par Xi Jinping constitue l’un des phénomènes géopolitiques majeurs de la décennie qui s’achève. Ce projet au long cours, dénommé officiellement « yi dai yi lu [1] », est une étape majeure de l’affirmation chinoise dans les relations internationales. Il est prévu que la réalisation de ces « Nouvelles routes de la soie » s’achève en 2049, année hautement symbolique du centenaire de la République populaire de Chine. Le gouvernement chinois entend multiplier la construction d’infra-structures dans l’énergie, les transports et les télécommunications dans plus de 80 pays, en s’appuyant sur le savoir-faire de ses entreprises et sur les réserves de change accumulées grâce à plusieurs années d’excédents de la balance commerciale. Depuis lors, la montée en puissance chinoise est abondamment commentée, suscitant crainte et admiration.

Montée en puissance chinoise en Asie et dans le monde

La Chine apparaît ainsi comme le premier État capable de faire contrepoids aux États-Unis depuis la fin de la guerre froide. Certains interprètent cette situation renouvelée comme une volonté de revanche de la Chine sur les « traités inégaux » imposés par les puissances coloniales au XIXe siècle, cette perte de souveraineté ayant durablement marqué l’imaginaire politique chinois. Lors de leurs déplacements en Afrique et en Amérique latine, les dirigeants chinois n’hésitent d’ailleurs pas à mobiliser dans leurs discours une rhétorique ravivant la sémantique du mouvement des non-alignés. Ils s’y posent dorénavant comme un partenaire commercial indispensable et entrent en compétition avec les intérêts économiques et politiques établis de longue date dans ces pays par les puissances occidentales.

À plus court terme, la priorité consiste à s’imposer comme une puissance régionale incontournable. C’est donc d’abord sur le continent asiatique que se déploient les principaux projets. Symboliquement, les deux discours fondateurs des Nouvelles routes de la soie ont été prononcés en 2013 par Xi Jinping à Astana (Kazakhstan) pour les voies terrestres, puis à Jakarta (Indonésie) pour les routes maritimes. Pour l’instant, plus de 60 % des projets d’investissement sont destinés à l’Asie, qu’il s’agisse d’accroître l’influence chinoise auprès des anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale, de renforcer la dépendance économique des pays de l’Association of Southeast Asian Nations (ASEAN, Association des nations du Sud-Est asiatique) bordant la « mer de Chine », sur laquelle Pékin n’hésite plus à affirmer sa souveraineté avec véhémence, ou encore de déployer sa présence au Pakistan, provocation ultime aux yeux du voisin indien [2]. Ces motivations diverses se rejoignent dans l’ambition de redessiner les équilibres établis depuis les années 1990. La chute du voisin soviétique ne s’est en effet jusqu’à présent pas traduite par l’émergence d’un monde multi-
polaire, mais plutôt par l’affirmation de l’hégémonie américaine, et plus largement du monde occidental. En plus de renforcer leur contrôle sur les institutions publiques internationales (Organisation mondiale du commerce, Fonds monétaire international et Banque mondiale notamment), les grandes firmes multinationales et institutions financières de ces pays ont joué au cours des années 1990 un rôle de plus en plus important dans la définition des normes de la mondialisation. La création de l’Asian Infrastructure Investment Bank (AIIB, banque asiatique d’investissement dans les infrastructures), dont les opérations ont débuté en 2016, et les négociations pour faire reconnaître la place du yuan dans les transactions financières internationales, témoignent de cette volonté de peser dans l’élaboration des règles internationales. Les ambitions géopolitiques de la Chine peuvent amener les observateurs à sous-estimer une autre forme de rationalité, cette fois-ci plus strictement économique et endogène à la Chine : les investissements – et délocalisations – vers l’étranger sont également une tentative de réponse à la montée des contradictions internes à la forme du capitalisme chinois [3]. Dans cette contribution, nous montrons que la volonté de transformer le mode de croissance chinois, affirmée depuis une décennie, est encore loin d’être atteinte. Dans ce contexte, l’affirmation de la puissance chinoise à l’international peut être interprétée comme une fuite en avant face à la difficile transition vers un mode de développement plus durable. Au-delà des retombées strictement économiques et commerciales, on commence à percevoir les coûts sociaux et environnementaux subis par les populations des voisins asiatiques et d’autres continents.

La réorientation de la croissance chinoise : un objectif contrarié

Le temps de la croissance à deux chiffres de l’économie chinoise est désormais révolu, et la tendance ne devrait pas s’inverser dans les années à venir. Lors de l’accession de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2001, cette croissance était d’abord tirée par les exportations, avant que les plans d’investissement du gouvernement ne viennent compenser la diminution de la demande mondiale liée à la crise de 2008-2009. Depuis lors, les dirigeants chinois ambitionnent de réorienter le régime de croissance vers la demande domestique (Zhang, 2016). Cet objectif passe notamment par un partage de la valeur ajoutée plus favorable aux travailleurs, en particulier aux plus précaires d’entre eux, dont la propension à consommer est la plus forte.

En Chine, les salaires minima – souvent la norme en vigueur dans l’industrie et les services à faible valeur ajoutée – sont fixés localement, prenant en compte différents critères tels que le coût de la vie, le salaire médian et les tensions sur le marché du travail. En imposant ses directives, le gouvernement central est néanmoins parvenu à enclencher une hausse régulière des minima salariaux au lendemain de la crise de 2008-2009, avec le double objectif de contenir les tensions sociales et de relancer la demande domestique. À première vue, les résultats peuvent paraître probants : le salaire minimum nominal a depuis quasiment doublé dans les grandes villes telles que Pékin, Shanghai et Canton, où il s’établit dorénavant au-delà de 2 000 RMB (environ 260 euros).

Mais les localités moins attractives n’ont pu suivre ce rythme, et le niveau du salaire minimum reste deux fois moindre dans certaines provinces de l’intérieur du pays (China Labour Bulletin, 2019a). La tendance est par ailleurs à un ralentissement de ces augmentations, les salariés subissant la compétition que se livrent les différentes localités pour attirer les investisseurs. La province du Guangdong, fer de lance du développement industriel depuis les années 1980, et particulièrement exposée à la concurrence des pays d’Asie du Sud-est, a par exemple gelé les hausses salariales entre 2015 et 2018.

Selon les données du Bureau national des statistiques (BNS), les hausses de salaire minimum sont néanmoins globalement impressionnantes : elles ont atteint près de 13 % en moyenne annuelle sur la période 2010-2015, même si ces chiffres ne concernent que les résidents urbains, et ne prennent pas en compte les travailleurs-migrants non enregistrés (voir note 5) qui, pour la plupart, occupent des emplois informels. Deux éléments doivent toutefois nous amener à relativiser ces hausses des salaires minima. D’une part, le coût de la vie a augmenté rapidement sur la période, en particulier le prix des loyers et des biens de première nécessité, un phénomène qui affecte en premier lieu les travailleurs informels et qui vient limiter la hausse des salaires réels. D’autre part, le niveau des prestations sociales reste très faible. Les migrants de l’intérieur, employés en dehors de leur zone d’enregistrement de résidence (hukou) [4], et qui représentent l’essentiel de la main-d’œuvre dans les secteurs de l’industrie manufacturière, de la construction et de la livraison, bénéficient d’un très maigre filet de protection sociale (encadré 1).

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En outre, l’absence de mécanismes de négociation collective permettant de canaliser les intérêts des travailleurs limite leur capacité d’exiger une répartition plus juste des fruits de la croissance (encadré 2) [5].

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Ces obstacles à la mise en œuvre de mécanismes redistributifs au profit des salariés se traduisent au niveau macro-économique par la persistance d’une faible contribution de la consommation des ménages au PIB. Selon les données de la Banque mondiale, elle n’en représentait que 38 % en 2017, contre 54 % en France ou 68 % aux États-Unis. En plus d’une faible demande domestique, l’incapacité à bâtir un régime de croissance durable se traduit également par une hausse des inégalités et une concentration toujours plus forte des richesses entre les mains des catégories les plus aisées (Piketty et al., 2017).

Les investissements à l’étranger comme fuite en avant

Parmi les principaux objectifs économiques des Nouvelles routes de la soie, les projets d’infrastructures apparaissent donc comme un moyen d’offrir aux grandes entreprises chinoises des opportunités d’investissement qui viennent compenser la diminution des investissements gouvernementaux. Ces programmes sont le plus souvent financés sous la forme de prêts consentis aux gouvernements étrangers, permettant par la même occasion de limiter les risques de bulles financières liées à un excédent de liquidités disponibles en interne. En Afrique, une partie du financement des infrastructures est en outre liée à l’octroi de concessions sur plusieurs années sur des ressources naturelles, permettant ainsi à la Chine de sécuriser et de diversifier ses approvisionnements en matières premières. Les investissements dans les télécommunications et la fibre optique sont également un catalyseur de l’objectif de montée en gamme industrielle, en s’appuyant sur les effets d’apprentissage et les économies d’échelle. Enfin, alors que le marché intérieur est moins dynamique que prévu, les entreprises chinoises voient dans le développement des classes moyennes dans les pays émergents un marché potentiel à conquérir.

L’industrie manufacturière chinoise, moins intensive en capitaux qu’en main-d’œuvre, rencontre également de grandes difficultés. La conjonction de plusieurs facteurs conduit les donneurs d’ordres occidentaux et japonais, dans les secteurs de l’habillement, du jouet, ou encore de l’assemblage électronique, à se tourner vers des sous-traitants situés dans d’autres pays de la région (encadré 3). L’Asie du Sud-est (Vietnam, Myanmar, etc.) et du Sud (notamment le
Bangladesh) en sont les premiers bénéficiaires, même si d’autres pays plus éloignés géographiquement cherchent également à attirer ces délocalisations. Bien souvent, les propriétaires de ces usines restent quant à eux des capitalistes chinois [6].

Cette dynamique de délocalisation des activités à faible valeur ajoutée est en accord avec l’objectif de montée en gamme affiché par les autorités chinoises, visant à concentrer les efforts de la politique industrielle sur les secteurs de haute technologie. Elle permet par la même occasion de reporter sur ses voisins certaines des activités les plus polluantes, telles que la teinture des vêtements ou le tannage du cuir. Dans le contexte de « guerre commerciale » engagé entre les États-Unis et la Chine par le Président américain Donald Trump, les fabricants chinois cherchent également à contourner les barrières commerciales en bénéficiant de la multiplication des accords de libre-échange dans la région [7], tout en affirmant leur place centrale dans les chaînes globales de valeur.

L’intensification des liens commerciaux avec les régions frontalières permet également de donner un nouvel élan aux politiques de désenclavement de territoires éloignés des provinces côtières industrialisées. La province occidentale du Xinjiang, dont la population ouïghoure subit depuis plusieurs années le durcissement de la répression des autorités centrales, occupe ainsi une place centrale dans ce projet de par sa situation géo-
stratégique. Frontalière avec huit pays, elle constitue le point de passage obligé des voies ferroviaires et routières vers l’Asie centrale, puis vers l’Europe, et connaît en conséquence un développement massif de ses infrastructures. Ces investissements s’accompagnent d’un discours officiel louant les progrès économiques et sociaux permis par le soutien du gouvernement central, alors que les bénéfices pour la population locale restent pour le moins contestables [8].

Aux yeux des autorités chinoises, les Nouvelles routes de la soie représentent ainsi un instrument de cohésion nationale, après trois décennies de croissance économique ayant surtout profité aux provinces côtières. Plus largement, l’affirmation de la puissance chinoise est mobilisée par les dirigeants pour exalter le nationalisme de la population et réaffirmer la légitimité de leur pouvoir.

Conclusion

Depuis le lancement des Nouvelles routes de la soie, le gouvernement chinois met en avant sa volonté de développer des relations harmonieuses avec de nouveaux partenaires. De nombreux analystes y voient au contraire le déploiement d’un multilatéralisme de façade, visant à s’imposer comme une grande puissance aux yeux des pays occidentaux, et à s’assurer un réseau de vassaux au sein des pays en développement. Mais l’examen des difficultés économiques et sociales du capitalisme chinois laisse entrevoir une autre réalité : la politique extérieure en vigueur se situe dans le prolongement de la montée des contradictions du régime de croissance. Plutôt que de proposer un mode de développement soutenable, fondé sur une plus juste redistribution des richesses et un réel respect de l’environnement, c’est au contraire l’exploitation de la main-d’œuvre et des ressources naturelles à l’étranger qui devient l’une des priorités des investisseurs publics et privés chinois.

Dans de nombreux pays, ces investissements semblent susciter du ressentiment contre la présence chinoise, bien loin de l’objectif « gagnant-gagnant » affiché par le gouvernement chinois. Pour l’instant, aux yeux des populations locales, les craintes liées aux perspectives d’endettement à long terme, à l’opacité des contrats passés avec les dirigeants locaux, ou encore à la mainmise de la Chine sur les ressources naturelles prennent le pas sur les potentielles retombées positives de tels investissements. Les protestations ont déjà pris un tour violent en Asie centrale et au Pakistan, où les représentations diplomatiques et les intérêts économiques sont désormais la cible d’attaques répétées.

Il est encore trop tôt pour évaluer la capacité des investissements chinois à engendrer des relations économiques et culturelles bénéfiques pour les territoires concernés. Mais jusqu’à présent, au-delà des discours bienveillants des autorités publiques et des capitalistes chinois, la création d’emplois de qualité et la protection de l’environnement ne figurent pas dans leurs priorités. On peut imaginer que les populations concernées n’attendront pas 2049 pour protester d’être devenus la cible du report des excès du capitalisme chinois.

Clément SÉHIER*

Sources :

Barrett P.M., Baumann-Pauly D. (2019), Made in Ethiopia: Challenges in the Garment Industry’s New Frontier, New York University Stern Center for Business and Human Rights, https://issuu.com/nyusterncenterforbusiness-
andhumanri/docs/nyu_ethiopia_final_online.

Boyer R. (2015), « Diversité des capitalismes asiatiques, basculement des relations inter-
nationales », in Alary P., Lafaye de Micheaux E. (dir.), Capitalismes asiatiques et puissance
chinoise : Diversité et recomposition des trajectoires nationales
, Paris, Presses de Sciences Po, p. 53-91.

China Labour Bulletin (2019a), Employment and Wages, updated in July, https://clb.org.hk/content/employment-and-wages.

China Labour Bulletin (2019b), China’s Social Security System, updated in March, https://clb.org.hk/content/china%E2%80%99s-social-security-system.

Franceschini I. (2017), « Outsourcing exploitation: Chinese and Cambodian garment workers compared », Made in China, n° 3, p. 34-41.

National Bureau of Statistics (2019), « Statistical Communiqué of the People’s Republic of China on the 2018 National Economic and Social Development », February 28, http://www.stats.gov.cn/english/PressRelease/201902/t20190228_1651335.html.

Périsse M., Séhier C. (2019), « Analysing wages and labour institutions in China: An unfinished transition », The Economic and Labour Relations Review, vol. 30, n° 3, p. 400-421, https://doi.org/10.1177/1035304619860315.

Piketty T., Yang L., Zucman G. (2017), « Capital accumulation, private property and rising inequality in China, 1978-2015 », NBER Working Paper, n° 23368, June, https://doi.org/10.3386/w23368.

Séhier C. (2017), « Le gouvernement chinois peut-il réorienter le régime d’accumulation ? Une analyse au prisme des transformations du rapport salarial », Revue de la régulation, n° 21, 1er semestre, https://doi.org/10.4000/regulation.12241.

Séhier C. (2018), « Industrie mondiale de la chaussure : mettre fin à la course au moins-disant social », Revue Projet, n° 336, octobre, p. 42-46.

United Nations Human Rights (2018), « Committee on the Elimination of Racial Discrimination reviews the report of China », Office of the high commissioner, August 13, http://bit.ly/2lIKtcq.

Zhang L. (2016), « Rebalancing in China, progress and prospects », IMF Working Papers, WP/16/183, September, https://doi.org/10.5089/9781475532937.001.

 

*Maître-assistant associé, Institut Mines Télécom Lille-Douai, économiste au laboratoire Clersé (Université de Lille, CNRS, UMR 8019), clement.sehier@imt-lille-douai.fr.

[1]. Notons que contrairement à l’appellation française, les dénominations chinoise et anglo-saxonne (Belt and Road Initiative, BRI) ne font pas référence à l’expression « route de la soie », utilisée par l’Allemand Ferdinand von Richthofen au XIXe siècle.

[2]. La Chine est un acteur central au Cachemire depuis le conflit qui l’opposa à l’Inde en 1962. Elle a alors pris le contrôle de la région de l’Aksai Chin, revendiquée par l’Inde, et y maintient une présence militaire. Elle accorde surtout un soutien de longue date au Pakistan dans ses revendications territoriales contre l’Inde. Le regain des tensions en août 2019 est venu rappeler l’instabilité chronique de la région depuis plus de 70 ans.

[3]. Cette contribution approfondit l’hypothèse de l’économiste Robert Boyer (2015) selon laquelle la puissance d’un pays donné peut être comprise comme la capacité à faire reposer sur d’autres les contradictions inhérentes à son mode de développement. Le prolongement du cadre analytique de la théorie de la régulation à la sphère géopolitique l’amène à prévoir que les relations économiques internationales seront de plus en plus influencées par les transformations du régime socioéconomique chinois.

[4]. Le système de hukou, dispositif de contrôle des migrations internes hérité de l’époque maoïste, prive les travailleurs migrants de l’essentiel de leurs droits sociaux en ville (accès à la santé, à l’éducation des enfants, etc.).

[5]. Pour une analyse approfondie de l’évolution des salaires et des institutions du travail en Chine, voir Périsse, Séhier (2019).

[6]. Il peut s’agir d’entreprises localisées en Chine « continentale » ou à Hong Kong. Les capitalistes de Taiwan sont également très présents en Asie du Sud-Est.

[7]. La participation américaine au partenariat transpacifique, stratégie de l’ex-Président Barack Obama visant à isoler la Chine, a finalement été abandonnée par Donald Trump. Cela n’a pas empêché l’entrée en vigueur du Comprehensive and Progressive Agreement for Trans-Pacific
Partnership (CPTPP, Accord global et progressif pour un partenariat transpacifique) en décembre 2018, regroupant 11 pays, parmi lesquels le Canada et l’Australie. Après la ratification d’un
accord de libre-échange avec Singapour en février 2019, l’Union européenne poursuit quant à elle les négociations bilatérales avec les différents membres de l’ASEAN. L’entrée en vigueur de l’accord entre l’Union européenne (UE) et le Vietnam (EVFTA), à l’origine prévue pour fin 2018, a finalement été reportée après les élections européennes de mai 2019.

[8]. Un rapport de l’Organisation des Nations unies (ONU) de 2018 a ainsi confirmé l’existence de camps d’internement regroupant jusqu’à 1 million de musulmans au Xinjiang (United Nations Human Rights, 2018). La province du Yunnan (sud-ouest), située à la frontière du Myanmar, du Laos et du Vietnam, et où la situation politique est beaucoup moins tendue, voit également fleurir d’importants projets d’infrastructures.