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CGT-FO
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La Turquie et l’Union européenne : des relations contrariées (mars 2018)

Secteur International-Europe - Confédération Force ouvrière

Le régime turc s’est particulièrement durci au cours des dernières années. Depuis la répression des manifestations de la place Taksim en 2013, le président turc Recep Tayyip Erdogan multiplie les décisions autoritaires dans son pays et les provocations à l'égard de l'Union européenne. Cette attitude est encore plus marquée depuis la tentative de coup d’état en juillet 2016. Les poursuites et menaces à l’encontre d’opposants politiques ou de journalistes se sont multipliées : cette répression touche les syndicats (DISK et KESK notamment), mais aussi les magistrats (ceux qui ont lancé une enquête pour corruption contre l’entourage du chef de l’Etat ont été accusés d’appartenir à une organisation criminelle ayant tenté de renverser le gouvernement par la force, suspendus de leurs fonctions et ont dû quitter le pays). Les purges et emprisonnements arbitraires qui ont suivi, le référendum constitutionnel sur l'extension des pouvoirs du président turc, l’annonce d'un autre référendum sur l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, les insultes vis-à-vis des autorités allemandes et néerlandaises… ont considérablement éloigné la Turquie de ses partenaires européens.
Au-delà du regain de tensions récent, cette étude se propose de revenir sur la relation entre la Turquie et l’Europe, interroger en profondeur ses spécificités, les divergences, les ressemblances et l’éventualité d’un rapprochement. Se poser la question du rapprochement de la Turquie vers l’UE présuppose que l’une et l’autre sont fondamentalement éloignées mais que ce rapprochement est inéluctable. On s’interrogera donc sur ces similitudes, ces ressemblances, que ce soit sur le plan politique et institutionnel, ou sur le plan économique ou social.
Notre étude souhaite s’ancrer dans un recul nécessaire. La question est passionnante car elle éclaire la position de l’Europe sur elle-même et sur le monde, et sans doute aussi la manière dont la Turquie entend se placer dans le grand concert diplomatique mondial. La Turquie est-elle un pays européen en sommeil ? Quels enjeux de son adhésion à l’Union européenne ? Va-t-on vers une convergence des économies et des sociétés ? La remise en cause récente n’est-elle qu’un aléa sur le chemin d’un rapprochement inéluctable ?
Après avoir rappelé les étapes les plus récentes du projet d’adhésion de la Turquie à l’UE, l’étude tentera d’analyser la réalité d’un Etat positionné à la fois dans et en dehors l’Europe et s’interrogera enfin sur l’opportunité d’ancrer la Turquie non plus dans une perspective d’adhésion sans doute vouée à l’échec mais dans une nouvelle forme de relation plus assumée de part et d’autre qui permettrait de dépasser les faux fuyants et les tensions actuelles.