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Crise environnementale en Chine : portée et limites des politiques publiques (mars 2016)

Jean-François HUCHET

Tous les clignotants sont au rouge en matière d’environnement en Chine : pollution de l’air, de l’eau et des sols, érosion des sols, désertification, pluies acides, gestion des déchets, émissions des gaz à effet de serre (GES). L’ensemble des ouvrages, rapports et analyses des organisations internationales et chinoises sont unanimes pour souligner la sévérité des problèmes de pollution en Chine. Même les autorités chinoises qui très souvent cherchent à masquer les zones d’ombres de la réussite économique du pays, reconnaissent désormais que le pays traverse une crise environnementale majeure.
Les signes inquiétants des conséquences humaines et économiques de cette crise environnementale se multiplient chaque jour sans que l’on puisse encore en mesurer précisément toute l’ampleur. Les études les plus abouties et les plus sérieuses (Banque Mondiale et le Ministère de l’Environnement de Chine) font état d’un coût annuel de la pollution qui se situerait, selon les calculs et les estimations, entre 5,8% et 8% du PIB annuel du pays. Par ailleurs, malgré le fait que la population chinoise soit la principale victime des dégradations de l’écosystème, l’évolution de la situation environnementale en Chine n’est pas une question uniquement nationale. Les deux Corée, le Japon, Taiwan, sont touchés par la pollution de l’air provenant de Chine. La Région spéciale autonome de Hong Kong, rétrocédée par les britanniques à la Chine en juillet 1997, voit ses niveaux de pollution de l’air se dégrader de manière alarmante depuis deux décennies. La pollution de l’air en Chine affecte désormais régulièrement l’Amérique du Nord, notamment au moment du printemps lorsque les tempêtes de sable sont les plus intenses dans le nord ouest de la Chine en raison d’une érosion des sols et d’une désertification qui s’est accélérée depuis le début des années 1980. La Chine
est également devenue le premier pays émetteur de gaz à effet de serre (GES), devançant les États-Unis en 2007. Elle devrait également, selon les projections de l’agence internationale de l’énergie, être à l’origine de près des trois quarts de l’augmentation des GES dans le monde d’ici à 2030. L’ampleur des dégradations de l’écosystème en Chine est donc, s’il était encore besoin de le rappeler, un problème d’ordre planétaire, aux conséquences importantes pour l’avenir environnemental de la planète. Le rythme de progression de la classe moyenne chinoise, l’évolution de ses modes de consommation, son attitude politique par rapport à la dégradation de l’environnement sont des données capitales dans l’évolution future du réchauffement de la planète.