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CGT-FO
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Ouvriers chez TOYOTA. Entre adhésion et résistance au mode d'organisation du travail néo-taylorien (mars 2016)

Mandana SAEIDI-AKBARZADEH du Centre Maurice Halbwachs

En 2001, le constructeur automobile japonais Toyota ouvre les portes de son tout nouveau site de production à Onnaing, dans le Nord Pas de Calais. Porteur d'espoirs, Toyota est attendu comme « le sauveur » devant enrayer pour partie la hausse structurelle du chômage dans la région. On évoque alors la création au total de 2 000 à 3 500 emplois stables, à la fois sur le site principal de production et chez les sous-traitants du secteur automobile. La perspective de l'arrivée de l'industriel a constitué, durant les années qui précédent l'ouverture effective de l'usine, un enjeu de luttes important au niveau local : il s’agissait d’obtenir, de sécuriser et de rendre effective sa construction sur le territoire du Nord-Pas-de-Calais, plus précisément dans le Valenciennois. Les dirigeants et élus politiques de la région, relayés par la presse quotidienne régionale, annoncent, un peu hâtivement, une « conversion industrielle » de la région et un « effet boule de neige » grâce aux 938 entreprises étrangères qui y investissent en 1996. En attendant les retours sur investissement, ce sont les collectivités territoriales, l’Etat et les instances européennes qui subventionnent massivement les conditions d’installation de l’entreprise sur le sol français. Confrontés à un taux de chômage significativement élevé il y a une quinzaine d'années, les élus sont fortement incités à accorder les aides au nom de l'emploi qui « n'a pas de prix » selon JeanLouis Borloo, alors maire de Valenciennes et député de la 21ème circonscription du Nord. Dans ce contexte l'emploi est un enjeu politique majeur. L'édile construit son argumentaire autour des « retours sur investissement » attendus (ou espérés), notamment à travers la taxe professionnelle 5 .