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Document de travail : La création du National Living Wage au Royaume-Uni juillet 2019

Selon une tradition séculaire au Royaume-Uni, l’Etat n’intervenait dans la fixation des salaires qu’en cas de défaillance durable de la négociation collective. La victoire électorale du New Labour en 1997 se traduit par la création d’un salaire minimum, le National Minimum Wage (NMW), d’abord fixé à un niveau faible, progressivement amélioré jusqu’à la grande récession amorcée en 2008. Si ce salaire minimum n’a pas eu les effets négatifs sur l’emploi qu’annonçaient ses détracteurs, il n’a en revanche ni réduit l’ampleur de la zone des bas salaires, ni stimulé les gains de productivité dans les entreprises.
Après sa large victoire aux élections de 2015, le gouvernement conservateur annonce la création, pour les 25 ans et plus, du National Living Wage (NLW) d’un niveau initial sensiblement revalorisé et qui doit être égal en 2020 à 60 % du salaire médian. L’objectif affiché est de stimuler le passage d’un modèle économique à bas salaires et basse productivité à un modèle ayant les caractéristiques opposées. Il s’agit aussi de réduire les coûts croissants pour l’Etat des compléments de revenus (in-work benefits) qu’il accorde aux titulaires de faibles rémunérations.
Au total, l’introduction successive du NMW et du NLW a eu un net effet de réduction des inégalités au bas de la hiérarchie des salaires. Entre 1998 et 2018, le taux annuel moyen de croissance du salaire réel a été de 2,1 % pour le premier décile et de 0,9 % pour le salaire médian.
S’il est aujourd’hui trop tôt mesurer l’impact à moyen terme de l’introduction puis de l’augmentation du National Living Wage, il apparaît qu’elles n’ont pas engendré l’effet de choc négatif sur l’emploi et pour la survie des entreprises qui était annoncé par certains experts. Des difficultés d’ampleur réduite ne sont à ce jour apparues que dans certains secteurs d’activité à forte concentration de bas salaires. En revanche, il ne faut pas sous-estimer les risques de non-respect ou de contournement du salaire minimum dans un système où il n’existe qu’une très faible régulation des formes précaires d’emploi.

Par Jacques Freyssinet, chercheur associé à l'Ires.

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