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Réseaux de savoirs. Production et transmission des savoirs à l'ère du numérique et de l'économie de la contribution (juillet 2016)

Etude coordonnée par Paul-Emile GEOFFROY de l'IRI

Dans le contexte d’une mutation globale de la société à travers la technologie numérique, l’enjeu contemporain majeur pour les institutions du savoir (à commencer par l’école) est double. Il  s’agit d’une part d’évaluer dans quelle mesure ces institutions peuvent être réinventées dans le sens d’une acculturation et d’une appropriation de ces nouveaux outils. Mais il s’agit aussi d’investir une réflexion inter-institutionnelle et transdisciplinaire autour des transformations épistémologiques et épistémiques dont s’accompagne la révolution technologique que nous vivons aujourd’hui. Néanmoins, le rythme effréné de l’innovation disruptive semble rendre impossible cette appropriation et cette réflexion. L’enseignant, l’éditeur, le chercheur semblent tous condamnés à être « en retard » sur la technique. D’autant que l’économie des data qui s’est emparé du web privilégie un marché de l’information au détriment du partage des savoirs. Dans un tel contexte, la tâche des institutions du savoir doit être de se réinventer tout en reprenant la main sur la question technologique. Notre rapport étudie comment cette réinvention peut être envisagée à partir de l’hypothèse d’une économie de la contribution faisant du savoir sa valeur centrale. Les réseaux numériques rendent possible un dépassement de la distinction classique du producteur et du consommateur, et il devient possible d’envisager l’école, l’université, la recherche ou encore l’industrie éditoriale comme dépendant de la figure du contributeur.

Nous étudions d’abord les transformations actuelles des figures complémentaires de l’apprenant et de l’enseignant, ainsi que les mutations des lieux et des modes d’enseignement et d’apprentissage (classe inversée, cours en ligne, jeux sérieux, etc.). A partir d’une conception plus large de l’autonomie de l’apprenant, celui-ci peut être envisagé comme un contributeur, à la fois au sein de la classe, et au sein de la société. De même, la possibilité qui s’offre à l’enseignant de produire, d’échanger et de mutualiser des ressources pédagogiques et des formes attentionnelles lui ouvre un statut de contributeur au sein des réseaux du savoir. Dans un deuxième temps, nous introduisons la méthodologie de la recherche contributive, par laquelle l’université peut garantir une appropriation continuellement renouvelée des technologies numériques par les enseignants et les apprenants. Cette démarche passe par des pratiques d’annotation, de catégorisation et d’éditorialisation contributives des formes numériques des savoirs, et vise l’implication dans le processus de recherche de tous types de publics. Enfin, nous envisageons les aspects politiques, juridiques et industriels de la question d’une réinvention des institutions du savoir, à l’aune d’une économie de la contribution. A travers l’exemple de l’industrie éditoriale, nous proposons l’articulation de « coopératives de savoirs », via desplateformes contributives, un web herméneutique et des architectures de réseau distribuées.